INTEGRATION SCOLAIRE

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TEMOIGNAGE

 

Joseph a 4 ans. Enfant autiste, il est scolarisé aux Etats Unis où il réside.

Le témoignage de sa maman ci-dessous vous (nous) permettra de nous rendre compte encore une fois que les réalités sont bien différentes.. et nous donnera peut-être des idées pour prendre des initiatives...

 

si vous souhaitez réagir, contacter pour avoir plus d'informations, répondre : mailto:intescol

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Francité

 La loi fédérale américaine garantit l'éducation publique gratuite aux enfants handicapes.

 Joseph, diagnostique autiste à l'âge de 2ans et 11 mois a bénéficié d'une éducation à raison de dix-huit heures à domicile pendant trois mois, avant d'être intégré dans une classe spécialisée : cette classe de six enfants, comprenait une maîtresse et deux aides, plus une aide particulière pour Joseph.

Depuis le mois de juillet, il est dans une autre école, dont la philosophie nous a semble plus adaptée aux handicaps de Joseph, et qui fonctionne sur le modèle TEACCH.

 Joseph prend le bus scolaire pour se rendre à son école, le bus vient le chercher a notre domicile et une accompagnatrice est dans le bus. Le bus passe prendre un autre enfant qui fréquente la même école. Il revient également avec le bus scolaire. A l'école, il mange tout seul, un repas que j'ai préparé et qu'il emporte dans son petit sac à dos. On leur apprend notamment à se déshabiller et à se rhabiller (ce qu'il n'est pas encore capable de faire tout seul), et il y a un programme d'apprentissage de la propreté (en accord avec ce que je fais de mon côté à la maison). Les activités de la classe sont celles d'une classe maternelle telles qu'on peut les imaginer pour un enfant "typique", et régulièrement la maîtresse renvoie les "oeuvres d'art" confectionnées a l'école. En fait, les travaux "réalisés" par les enfants, sont des activités qui leur permettent de travailler les sens, et éventuellement les difficultés sensorielles (multiples chez les autistes), l'apprentissage des matières, des formes, des couleurs, des sons, des odeurs, etc... Le travail en classe est extrêmement structuré : chaque activité est représentée par un pictogramme sur un tableau, les temps sont repartis en fonction du type d'activité (on alterne une activité assise de concentration, avec une activité plus libre, puis une activité en individuel de travail comportemental - apprentissage par essais distincts selon un programme entièrement individualise - des activités mettant en oeuvre la motricité fine et des activités de motricité large.

Trois fois par semaine, Joseph bénéficie de séances d'orthophonie, et deux fois par semaine d'ergothérapie. Sinon, les enfants apprennent des comptines, et écoutent lire des histoires. La maîtresse communique quotidiennement dans un cahier qui fait la navette, et dans lequel je rapporte également tout ce qui m'apparaît utile pour les enseignants et les thérapeutes, soit à propos de Joseph, soit sur ce que nous avons fait dans l'intervalle avec lui.

 

Ici, l'âge de la maternelle publique, c'est cinq ans. Je ne sais pas si Joseph sera "prêt" à cet âge-là (à la rentrée scolaire prochaine). Si ce n'est pas le cas, il ira encore un an - au moins - dans une école spécialisée, et le district scolaire financera la participation a cette école. Etant donné le niveau de développement qu'il aura atteint - j'espère! - à ce moment, il intégrera probablement la classe "mixte", c'est a dire une classe qui fonctionne à la fois au sein de l'école et dans une classe "normale" quelques heures dans la semaine, afin de favoriser progressivement l'intégration.

 Ce qui est assez encourageant dans ce système, c'est que les enfants dits "typiques" sont tout à fait habitués à côtoyer des enfants différents, et pour eux c'est "normal" : ils sont même sollicités pour les seconder, en fonction de leurs désirs et de leurs compétences, ce qui valorise l'un et l'autre des deux enfants en cause. Les maîtres de ces classes sont toujours volontaires, et de plus en plus se forment pour connaître les populations handicapées et les méthodes particulières qui peuvent enrichir leur pratique. J'ai constaté cela lors d'une réunion avec l'association "parents/professeurs" de l'éducation spécialisée du district scolaire, qui présentait toutes les mesures mises en oeuvre au sein de l'école élémentaire, du collège et du lycée, pour améliorer les conditions d'accueil et d'apprentissage des élevés présentant des handicaps de développement, de langage, d'attention ou des handicaps sensoriels ou physiques.

 Je n'ai pas parlé du programme d'éducation que nous menons à la maison, de façon privée, en plus de l'école, et qui vise a continuer son travail, parce que cela est plus spécifique a l'autisme, et ne concerne donc pas nécessairement la question de l'intégration.

 

 

L'école aux USA...

 L'école maternelle publique commence a 5 ans, et s'appelle le "Kindergarden" (jardin d'enfants). Avant cet âge-là, les enfants peuvent aller dans des "nursery schools" privées, qui prévoient des programmes divers selon les organisations (c'est souvent paroissial, mais pas confessionnel, même si l'on peut trouver de l'initiation religieuse aux fêtes, par exemple).

Pour l'éducation spécialisée, qui s'adressent aux enfants présentant un handicap quel qu'il soit, il y a un système qui la subventionne des la naissance : de la naissance à 3 ans, cela s'appelle "Early Intervention" (Intervention Précoce) et de 3 à 5 ans, cela s'appelle "Preschool" (Pre-ecole). Ces noms varient d'ailleurs d'un Etat à l'autre.

 Le Jardin d'enfants dure un an. Ensuite c'est l'école élémentaire (Elementary School) de 6 à 10 ans puis l'école moyenne (Middle School) de 11 à 13 ans et l'école supérieure (High School) de 14 à 17 ans. Apres, il y a l'université (Collège). Grosso modo, cela correspond donc a notre école primaire, puis collège et lycée, je crois. En tous cas, au point de vue âges.

Les programmes sont structurés complètement différemment, avec une répartition entre matières "académiques" et matières plus artistiques plus "équitable" qu'en France (je me base sur mes souvenirs d'élèves, n'ayant jamais eu d'enfant dans le système scolaire actuel bien sur).

 L'école publique est financée par les impôts des résidents. Ce sont d'ailleurs eux qui participent a la gestion, puisqu'ils peuvent se faire élire. L'académie scolaire est donc composée de citoyens élus, qui décident de l'attribution des fonds. Une académie (school district) sera donc très différente d'une autre, en fonction de la répartition sociologique : par exemple, je réside dans une zone rurale, ou les impôts sont élèves, donc ce que l'on nomme un "bon" district scolaire ! De plus, il semble qu'ici, l'implication des parents joue énormément : il y a des activités de collectes de fonds (par des galas, ou des foires, ou toute autre manifestation sociale qui permette de récolter de l'argent qui sera ensuite reparti pour les activités des écoles) qui sont très importantes.

 Quant a l'éducation spécialisée elle est financée par le Comte (County), qui est une autre entité administrative, mais je crois que la il s'agit de représentants de l'Etat, quoi que je ne suis pas sure.

 Quant à l'intégration, elle varie selon les académies, en fonction des populations recensées ou prévues. Les associations de parents font beaucoup aussi pour modifier les choses. Par exemple, le budget de l'an 2000 ne prévoit pas de classe intégrée, dans l'école élémentaire qui est la plus proche de chez nous : or, nous avons déjà contacté deux familles dont les enfants sont de l'âge de Joseph, et qui seront donc intéressés comme nous, a la rentrée sept. 2000 pour une classe intégrée dans le jardin d'enfants. Nous allons donc essayer d'obtenir l'attribution d'un enseignant spécialisé pour intégrer nos enfants dans la classe !

 

 

 

Pour aider les parents

 Ce n'est pas le sujet de la liste [integration-scolaire] mais cela me fait penser a l'avocacie qui fait cruellement défaut en France : j'utilise ce néologisme, pour "advocacy", car je ne sais pas si nos amis québécois me le feront savoir, on a un terme français qui correspondrait a ce concept, qui consiste à plaidoyer en faveur, et en l'occurrence dans le domaine du handicap, les associations sont actuellement je crois, les seules a remplir comme elles le peuvent ce rôle, alors que les parents se doivent d'apprendre a devenir les avocats de leurs enfants, les échanges sur cette liste me le montrent encore plus aujourd'hui.

 En Amérique (je ne sais pas pour le Québec, mais je parle pour les USA), les parents bénéficient grâce aux associations, d'un soutien logistique et surtout de formation a l'advocacy (attention il ne s'agit pas de devenir un "juriste" ou soi-même un membre du barreau ou de remplacer le professionnel qui est habilité à défendre en justice, mais de savoir mener les actions pour défendre nos enfants).

 

Bien sur, vu de France, je sais qu'on critique parfois le cote ultra procédurier des pratiques américaines, qui vont faire des procès pour tout. Mais il ne faut pas voir les histoires médiatisées, et parfois outrancières. Au quotidien, et dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, cela fait partie des outils de justice a disposition.

Pour réagir, en savoir plus, compléter :

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